28.04.2008

Avec les mots de Tahar Bekri

En mars 2008, les élèves de troisième B du collège ont rencontré le poète d'origine tunisienne Tahar Bekri à l'occasion des "Rencontres Plurielles" des Printemps Poétiques.

A cette occasion, Alain Boudet (le documentaliste) et Emmanuel Rondeau (le professeur de français) ont proposé aux élèves, à partir d'un florilège de poèmes de Tahar Bekri, de relever des mots qui leur paraissaient bien convenir à l'univers de l'auteur ou qui revenaient plusieurs fois. Une liste de noms, d'adjectifs, de verbes a ainsi été préparée en commun. Chaque élève s'est ensuite emparée de cette liste pour écrire son propre texte.

 

Cette lumière qui coule dans ce sang,
Est un océan de pluie qui partage ton silence.

 

Ce silence s'est perdu dans l'oasis ,
Tout comme ce cimetière qui ne peut plus renaître.

 

Renaître pour aimer, aimer pour renaître
Et pouvoir ne plus s'arrêter.

 

Arrêter l'horizon pour arrêter le temps,
Et partager cet océan d'amour,

Comme un souvenir de beau temps.

 

    Tanda Bilan


En voici un Autre :

 

Lumière
malgré le sang
criant dans le silence

Lumière sans nuage
portant l'exil des arbres
si loin de leurs racines

Lumière du souvenir
coulant comme rivière
dans les veines brûlantes de la pluie

Lumière absente
parfois
perdue comme au désert
mais renaissant soudain
dans l'éclaircie d'une fougère.

 

 

pourquoi ? Parce que...

Les poètes surréalistes ont beaucoup exploré les jeux d'écriture pour libérer l'imaginaire. Le jeu des questions est un de ceux là. Voici un résultat obtenu par les surréalistes :

"Pourquoi suis-je si belle ?
Parce que mon maître me lave." (Paul Eluard)

Nous l'avons mis en place au cours d'un atelier de 25 minutes avec Camille, Pierre, Nicolas, Julien, Antoine et Maxime, des élèves de sixième.

Pour commencer, chacun a posé une question en donnant une réponse appropriée. Cela a donné, par exemple :

1 - Pourquoi j'aime l'ordinateur ? 1 - Parce que j'aime les jeux.

2 - Pourquoi j'aide mes parents ? 2 - Parce que j'ai envie.

3 - Pourquoi j'aime les fraises ? 3 - Parce que c'est bon

etc. 

 Nous avons ensuite lu la question 1 et nous lui avons apporté la réponse 2 ; lu la question 2 avec la réponse 3, etc.

Certaines associations étaient amusantes, d'autres anodines, d'autres sans intérêt. L'objectif, c'était de voir ce que le hasard permettait comme possibilités de sens.

Variante : on peut lire la question 1 et, successivement, lui apporter les réponses 2 , 3, 4 etc.

Nous avons remarqué que ces premières questions étaient, comme les réponses, brèves. Nous avons aussi remarqué que les réponses ne présentaient aucune originalité. Le résultat, c'est que l'association hasardeuse "question/réponse" souffrait ce cette pauvreté.

Pour continuer, nous avons donc travaillé davantage la rédaction des questions et de leurs réponses. Voici quelques-unes d'entre elles :

1 - Pourquoi les feuilles de l'arbre tremblent-elles ? 1 - Parce qu'il fait un vent léger.

2- Pourquoi fait-il chaud en été ? 2 -  Parce que le soleil chauffe. (on pourrait dire à la place : (parce que le soleil veut incendier la terre()

3 - Pourquoi les fleurs poussent-elles ? 3 - Parce que l'herbe veut être belle.

4 - Pourquoi les arbres poussent-ils ? 4 - Parce qu'ils veulent grandir (on pourrait ajouter "jusqu'au ciel").

5- Pourquoi aimes-tu les arbres ? 5 - Parce qu'ils font de l'air pour qu'on vive.

6 - Pourquoi les arbres sont-ils verts ? 6 - Parce qu'ils sont malades.

On peut ensuite associer questions et réponses au hasard. Là encore, les asociations sont possibles ou non, font images pour nous ou non. Il faut parfois les adapter. Par exemple :

 1 - Pourquoi les feuilles de l'arbre tremblent-elles ? 4 - Parce qu'elles (et non plus "ils") veulent grandir jusqu'au ciel.

ou encore : 

5- Pourquoi aimes-tu les arbres ? 6 - Parce qu'ils sont malades.

ou encore :

2- Pourquoi fait-il chaud en été ? 3 - Parce que l'herbe veut être belle.

Parfois, ça ne marche pas du tout. Par exemple :

 2- Pourquoi fait-il chaud en été ? 6 - Parce qu'ils sont malades.

22.10.2007

douceur (6)

Camille, Amandine, Elodie et Pierre (sixième), participaient à cet atelier animé par Alain Boudet
Premier atelier : 25 minutes.Consigne : Chacun note sur une feuille des mots qui, pour elle ou lui, sont liés à la douceur (2 minutes). Mise en commun :

douceur - gentillesse - air - rêve - amour - brume - nuage - voler - vie - passion - satin - amitié - plume - lenteur - saveur - caresse - poésie - rire - penser - poème - cheveu - laine - méditer - soleil - regard - lumière - fenêtre - piano - larme.

Puis manipulation des mots : associations par deux, pour voir, pour essayer de créer des images. On les garde ou pas. Par exemple :

  • lenteur de la poésie ...
  • la saveur du rire ...
  • un rêve de plume ... la plume du rêve ... la plume d'un rêve ...
  • la lumière de la vie ... voler la lumière de la vie.

Ensemble, on retient une proposition :

Il caresse son poème
avec la plume d'un rêve ...

Chacun est invité à poursuivre avec ce début en utilisant en priorité des mots de la liste ci-dessus. On peut changer la nature des mots : penser peut devenir pensée ou pensif, par exemple.

Lors de la seconde séance (25 minutes) nous avons écrit ensemble en privilégant les associations de mots par deuxpour créer des images et en cherchant une cohérence entre les propositions. Voici le texte obtenu :

 

Il caresse son poème

avec la plume d'un rêve

 

Il écrit des pensées de satin

sur la douceur des nuages

 

Il joue avec les larmes d'un piano

des notes de brume

et invente une berceuse

pour le soleil

 

Il sait rire d'un regard

le poète. 

 

19.10.2007

la petite fille (4-2)

Atelier avec Sabrina, Estelle, Wendy (quatrième) et Alexandre (cinquième)
Support : une photo en couleur
Durée : 40 minutes
Animateur : Alain Boudet

Nous avons travaillé à partir d'une photographie d'Yves Monteil intitulée "la petite marchande de cacahuètes". Les participants ne connaissaient pas le titre de la photo.

Dans un premier temps, chacun a noté les mots qui lui venaient à l'esprit en regardant la photo. Puis nous avons mis ces mots en commun. Ensuite, nous avons écrit en essayant de créer des images avec les mots communs. Voici les textes.

 

 Disparue !

L'obscurité d'une fille. La misère. Manger quoi ? Ses doigts ? Son corps ? Ses chaussures multicolores ? Je ne sais pas ! Sur elle une robe, fripée, des vêtements sales. Le silence d'une enfant seule, dans le sable ou la mer peut-être, je ne sais pas !
Pourquoi ? Parce qu'elle est loin, très loin, en Afrique ? Je ne sais pas !

Estelle 

 

Enfant seule, se nourrissant dans une assiette.

Le silence du sable et de la mer, de l'enfant mangeant avec ses doigts, les cheveux frisés, les doigts sales, le corps multicolore. Peau sombre, vivant dans l'obscurité.

Pourquoi ?

Alexandre B.

 

18.10.2007

lumière (4)

d0589c5984f7281fff7cb6c981da2caf.jpgParticipaient à l'Atelier Sabrina, Estelle, Benjamin, Alexandre, Wendy, Pauline et Virginie
Support : un dessin de Jean-Michel Folon pour Amnesty Internationsl (les membres de l'atelier n'avaient pas ces informations).
Durée : 20 minutes
Animation : Alain Boudet

 

Pendant 2 minutes, le dessin est montré aux participants, après quoi ceux-ci sont invités à noter des mots qui leur viennent à l'eprit et à les utiliser pour écrire. Voici quelques-uns des textes ainsi produits.

Une main, poignet blanc
bougie jaune, fumée noire
ciel clair, bonheur et  joie.

Une main au poignet blanc
Des bougies jaunes et des fumées noires
Un ciel clair, du bonheur, de la joie.

    Sabrina

 

 Ta flamme m'éclaire

Ton rouge me rend joyeuse

Avec ton blanc je me sens bizarre

Ta lumière éclaire le sombre

Je ressens moins la peur.

     Pauline

 

La lumière éclaire le sombre

Le soleil éclaire la lune

La flamme éclaire la cheminée

Et ma main ? Qui éclaire-t-elle ?

    Benjamin

 

Main rose une bougie dans la paume

Bonheur et joie dans la lumière

    Estelle

 

Dans le noir
la religion
te fait peur

Flamme

Feu

Lumière
en D

Main multicolore

    Wendy

 

 La lumière de la nuit, elle est bleue. Les bougies colorées dessinent, au sol, un rectangle. Toute cette lumière éclaire un petit garçon écrivant une lettre avec ses mains.

    Alexandre

 

 Petite chaleur de lumière

Lumière pincée entre les doigts

Éclaire
quand il fait noir
dans le coeur

Virginie 

la petite fille (4-1)

Atelier avec Agnès, Océane, Stéphanie (quatrième). Lors de la deuxième séance, Amandine et Lise nous ont rejoint.
Support : une photo en couleur
Durée : 2 fois 30 minutes
Animateur : Alain Boudet

Nous avons travaillé à partir d'une photographie d'Yves Monteil intitulée "la petite marchande de cacahuètes".

Dans un premier temps, chacune a noté les mots qui lui venaient à l'esprit en regardant la photo. Puis nous avons mis ces mots en commun. Ensuite, nous avons écrit en essayant de créer des images avec les mots communs.
Cela nous a donné un premier jet de textes. Lors d'une seconde séance, nous avons retravaillé chaque texte, avec Alain Boudet et en groupe avec la collaboration d'Amandine et Lise qui voulaient voir ce qu'était l'atelier poésie.
Voici les textes obtenus.


Une enfant seule et triste

Une famine

Une silhouette en peine

Un silence multicolore

Une pauvre graine
ébouriffée.

 Agnès V.

 

Une tristesse multicolore
s’arrachait au silence
d’une enfant africaine
seule
dans la famine

sur le sable

Graine ébouriffée

Une silhouette pauvre
mangea les larmes sur la mer.

Océane F.
 

Une enfant seule
sur le sable
mangeant dans un silence multicolore

Pauvre enfant ébouriffée de tristesse
arrachée à la mer d'Afrique

Une Africaine attend
de pouvoir manger

Les larmes aux yeux
elle attend.

 

Stéphanie A. 

la petite fille (5)

Atelier avec Chloé, Cécile, Marion, Eva (cinquième)
Support : une photo en couleur
Durée : 2 heures au plus.
Animateur : Alain Boudet

Nous avons travaillé à partir d'une photographie d'Yves Monteil intitulée "la petite marchande de cacahuètes".

Dans un premier temps, chacune et chacun a noté les mots qui lui venaient à l'esprit en regardant la photo. Puis nous avons mis ces mots en commun. Ensuite, nous avons écrit en essayant de créer des images avec les mots communs.
Alain nous avait donné une contrainte : commencer par "Maintenant".
Cela nous a donné un premier jet de textes. Lors d'une seconde séance, nous avons retravaillé chaque texte, avec Alain Boudet et en groupe. Voici les textes obtenus.

 

Maintenant
une jeune petite fille
est seule sur le sable chaud

Un long désert
en blanc ou en noir
sous le soleil d’Afrique

Une main jaune 

 noire 

 ou blanche.


Marion G.

 

Maintenant
une jeune fille
touche puis mange
seule
des cacahuètes
sous le soleil

Elle est accroupie
dans le sable

Dans sa main
elle tient un verre.

Cécile C.

 

C'est maintenant que les jeunes sont habillés

Le soleil rayonne

Être pauvre orpheline

Au lever du soleil l'assiette se prépare

La petite fille noire regarde la mer blanche.

 

Chloé M.